Dans un communiqué de presse diffusé le 25 février 2009, ASUD (Auto-support des usagers de drogues), l’AFR (Association française de réduction des risques) et AIDES dénoncent l’insuffisance du plan de lutte contre les hépatites B et C lancé le 24 février dernier par le ministre français de la santé.
Malgré la large démarche de consultation menée préalablement par le ministère de la santé, les trois associations jugent insuffisantes les mesures qui constituent ce plan. En effet, bien que la grande majorité des personnes atteintes chaque année par une hépatite virale (B ou C) soient des usagers de drogues, ce plan ne renforce en rien les mesures de réduction des risques liés à l’usage de drogues existantes, même s’il en reconnait les limites.
Sur le plan strictement économique, les trois associations font également valoir que les sommes allouées à la mise en œuvre de ce plan sont bien modestes, représentant environ le prix annuel du traitement de l’hépatite C chez 500 personnes alors que 8 000 nouvelles personnes sont attientes chaque année.
Pour lire : « Un nouveau plan national pour lutter contre les hépatites B et C » – Le Monde – 24 février 2009
Pour lire «Le plan de lutte contre les hépatites ne répond pas à l’urgence » - Romandie News – 25 février 2009
Voir le communiqué de presse ASUD/AFR/AIDES ci-dessous
Communiqué de presse ASUD/AFR/AIDES
Le Plan Hépatites 2009-2012 ne répond pas à l'urgence de l'épidémie d'hépatite C
Hier sortait le «plan hépatites 2009-2012 » attendu depuis trois ans. Et force est de constater que ce plan ne répond pas à l'urgence à laquelle sont confrontés les usagers de drogues : 8000 contaminations et 4000 morts par an pour l'hépatite B et C, dont une majorité sont des usagers de drogues.
Si le plan prend acte du fait «que l'efficacité des méthodes de réduction des risques utilisées jusqu'ici s'avèrent insuffisantes» pour lutter contre le virus de l'hépatite (VHC), il ne propose qu'études et évaluations là où il faudrait pousser plus loin la logique de la réduction des risques. Pour élaborer ce plan, l'Etat a pourtant consulté les représentants des intervenants de terrain, des usagers de drogues et des malades. Mais leurs propositions face à l'urgence n'ont pas été retenues. Il s'agissait d'expérimenter ou d'ouvrir de nouveaux programmes comme l'accompagnement des personnes dans leurs pratiques d'injection (ERLI - Education aux risques liés à l'injection), l'instauration d'échange de seringues dans les prisons, l'extension à tout le territoire des programmes de réduction des risques, la mise en place de structures d'hébergement et de soins adaptées aux usagers de drogues actifs...
Même au niveau économique, le plan est dérisoire et est un non sens. A titre de comparaison, son montant, 4 millions d'euros, ne correspond même pas au prix de 500 traitements VHC sur un an. Or développer ces nouveaux programmes de réduction des risques permettrait non seulement d’éviter des milliers de morts, mais aussi d’économiser des millions d'euros en traitement VHC, en incapacité de travail....
Nous nous retrouvons 20 ans en arrière, confrontés aux mêmes défis qu'avec l'épidémie de SIDA : un Etat qui fait la sourde oreille et qui refuse d'expérimenter des réponses pragmatiques, une épidémie qui se répand, des usagers de drogues qui se contaminent et meurent dans l'indifférence générale.
Liens :
http://www.sidaparoles.org/spip.php?article7 (Programme ERLI)
http ://www.asud.org
http://www.a-f-r.org
http://www.aides.org
Contacts :
Pour Asud : Pierre Chappard (Tel : 01 71 93 16 48 / 06 63 55 65 54)
Pour l'AFR : Valère Rogissart (Tel : 06 09 76 24 28)
Pour Aides : Sandra ESSID (tel : 01 41 83 46 57)